Lorsqu’une personne envisage de souscrire une assurance vie individuelle, elle se voit généralement offrir trois grandes options :

  • l’assurance vie temporaire;
  • l’assurance vie entière;
  • l’assurance vie universelle.

Alors que la première est exclusivement axée sur le besoin de protection, les deux autres, qui sont des assurances vie « permanentes », permettent aussi d’accumuler une valeur. Cette caractéristique explique en partie le coût plus élevé de leurs primes.

Comme on peut le voir dans le graphique ci-dessous, la majorité des Canadiens qui souscrivent une assurance vie individuelle le font d’abord pour des besoins de protection. Cependant, qu’en est-il de ceux qui voient aussi leur assurance vie comme un véhicule de placement?

 

 

Protéger d’abord, investir ensuite 

Dans le monde de l’assurance, il existe un vieil adage qui dit :« achète du temporaire, investis la différence ». Il s’agit en fait d’un rappel que l’assurance est d’abord un produit de protection servant à maintenir le niveau de vie de ceux et celles – conjoint, enfants – qui dépendent de la personne assurée. En ce sens, un conseiller en sécurité financière recommandera souvent à son client d’envisager en tout premier lieu une assurance vie temporaire, puis une assurance invalidité (ou « assurance salaire »). Une fois ce besoin comblé, la personne pourra envisager d’utiliser une partie de son revenu disponible pour investir, ce qu’elle fera souvent à l’extérieur de sa police, à l’aide de fonds communs de placement ou de fonds distincts. 

Mais il pourrait aussi y avoir de bonnes raisons de le faire à même la police d’assurance vie.

 

Un investissement pour les autres

Une première raison est l’exonération fiscale dont disposent les polices d’assurance vie. 

Il est vrai que, dans sa réforme fiscale de 2017, le gouvernement fédéral a affiché clairement qu’il désirait que les produits d’assurance vie servent prioritairement comme protection et non comme « abri fiscal ». Cependant, il peut être utile, pour certains particuliers, de procéder à des calculs avec l’aide de leur conseiller. Par exemple, si l’objectif est de dégager un capital de décès d’un million de dollars pour la succession, la question pourrait être de savoir lequel des deux véhicules sera le plus efficace : une prime d’assurance vie dont le montant sera versé libre d’impôt, ou un portefeuille diversifié de placements qui seront généralement imposables.

En outre, une personne dont les revenus sont très importants et qui aurait maximisé ses marges de cotisation REER et CELI pourrait envisager une assurance vie comme un autre véhicule fiscalement avantageux, dans le cadre de sa planification successorale ou de sa stratégie de dons planifiés.

Dans sa réflexion, la personne devrait tenir aussi compte de plusieurs autres facteurs. Notamment, le fait qu’une police d’assurance sera typiquement moins liquide qu’un portefeuille de placements et donc moins facilement utilisable par l’assuré lui-même, advenant un imprévu. De même, le besoin de dégager un capital pour les survivants pourrait varier, voire disparaître, dans le temps.

 

Un investissement pour soi

Évidemment, une personne pourrait aussi utiliser une assurance vie permanente à titre de placement pour elle-même. 

L’assurance vie universelle, par exemple, permet de moduler dans le temps le volet protection et le volet investissement, ce dernier pouvant être utilisé à sa discrétion par l’assuré. Dans le cas de l’assurance vie entière, c’est la valeur accumulée dans la police qui sera utilisée. Il faut savoir cependant que celle-ci est partiellement imposable comme gain en capital lorsqu’elle est retirée. Pour éviter cette incidence fiscale, certaines personnes préféreront contracter un emprunt garanti par la valeur accumulée, emprunt qui ne sera pas imposable – mais qui engendrera des coûts d’intérêt.

Dans tous les cas, les conseils d’un professionnel seront souvent indispensables.

 

Un investissement pour son entreprise

Enfin, dans le cadre d’une entreprise, une assurance vie entière pourrait être à la fois un outil de protection des associés et un véhicule d’accumulation de valeur. Contrairement à un portefeuille de placements, cette accumulation de valeur pourrait ne pas entraîner de revenu ou de gain en capital à déclarer chaque année, ce qui, à la lumière des nouvelles règles sur le revenu passif, pourrait être une perspective attrayante. Évidemment, plusieurs autres facteurs financiers et fiscaux seront à soupeser avant d’envisager ce type d’approche.

Comme on peut le voir, bien que l’assurance vie soit d’abord un outil de protection, elle pourrait aussi répondre à des besoins en matière de placement, dans le cadre de certaines stratégies plus ou moins complexes.

Cet article n’en donne qu’un aperçu : pour plus de détails, consultez votre conseiller en sécurité financière.