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À quel âge souscrire une assurance vie?

Quelques points de repère pour évaluer votre besoin et préciser le montant à envisager.

21 septembre 2026

À mesure que l’on progresse dans la vie et dans sa carrière, de nouvelles réalités financières apparaissent et, avec elles, des questions qui ne semblaient pas pressantes jusque-là. Parmi celles-ci : le moment serait-il venu de souscrire une assurance vie? Après tout, n’est-ce pas une protection que tout le monde devrait envisager?

En réalité, c’est peut-être regarder la question par le mauvais bout de la lorgnette.

Les responsabilités plutôt que l’âge

L’assurance vie, en effet, est conçue d’abord et avant tout pour répondre à un besoin : éviter à ses proches de vivre des difficultés financières importantes dans l’éventualité de notre décès. Et s’il est vrai que nos responsabilités envers les autres croissent souvent avec l’âge, ce sont d’abord elles qui dictent le besoin de protection, plutôt que le nombre d’années lui-même.

Comme on peut le voir dans le tableau suivant, un jeune en début de vie adulte, sans personne financièrement à charge, pourrait avoir peu de besoins de protection et envisager une couverture minimale, voire aucune s’il dispose d’une épargne conséquente. En revanche, si ce même jeune est entreprenant et lance une entreprise avec des partenaires sitôt ses études terminées, il voudra peut-être prévoir une protection afin de faciliter la continuité de l’entreprise s’il venait à décéder. Il en va de même de l’achat d’une propriété, d’un mariage ou de la retraite : différents déclencheurs engendrent différents besoins. 

Tableau intitulé « Souscrire une assurance vie », accompagné du sous-titre « Selon différents éléments déclencheurs ». Le tableau comporte deux colonnes: la première indique des moments ou situations de vie pouvant déclencher un besoin d’assurance vie, et la seconde précise les besoins que cette assurance peut aider à couvrir.  Cinq situations sont présentées. Au début de la vie adulte, l’assurance vie peut servir à couvrir des dettes, des frais funéraires ou à obtenir une protection à coût abordable. Lors de l’achat d’une propriété, elle peut aider à couvrir le solde hypothécaire et d’autres emprunts. Au moment de constituer une famille, elle peut contribuer au remplacement du revenu, aux frais de garde et aux études des enfants. Pour une personne propriétaire d’une entreprise, elle peut soutenir la relève, le rachat de parts, la protection d’une personne clé ou les besoins de liquidités. Enfin, à l’approche de la retraite, elle peut contribuer à couvrir les impôts au décès, à laisser un legs ou à soutenir la planification successorale.

Souscrire tôt demeure avantageux

Cela dit, il demeure généralement avantageux de souscrire une assurance vie plus tôt que plus tard, et ce, pour deux raisons.

La première est le coût. À garanties comparables, une personne plus jeune paiera habituellement moins cher, parce que les primes sont établies notamment en fonction de l’âge, de l’état de santé et des habitudes de vie – des facteurs de risque qui gagnent en importance avec les années. 

La seconde raison est l’assurabilité. Une police obtenue alors qu’on est jeune et en bonne santé peut permettre de conserver cette protection même si un problème médical survient plus tard, pourvu que le contrat demeure en vigueur. Et, dans le cas d’une assurance vie permanente, cela signifie que l’on pourrait être protégé pour le reste de ses jours. 

L’autre question : combien?

Une fois le besoin établi, reste à préciser le montant de la protection. Une assurance vie, en effet, prévoit généralement le versement d’un capital au décès, dont le montant doit être évalué en fonction des besoins immédiats et futurs.

Une règle simplifiée consiste à multiplier son revenu annuel par un facteur de 7 à 10. Selon cette méthode, une personne qui gagne 70 000 $ par année obtiendrait une estimation sommaire de 490 000 $ à 700 000 $. Cette méthode fournit un ordre de grandeur, mais elle pourrait ne pas tenir compte de la réalité de chaque personne. Une analyse plus précise pourrait considérer plutôt quatre grandes catégories :

  • le remplacement du revenu  
    c’est-à-dire les sommes dont les proches auront besoin pour maintenir leur niveau de vie pendant un certain nombre d’années

  • les obligations immédiates 
    on parle ici du solde de l’hypothèque et des autres dettes, des frais liés au décès, et des impôts ou dépenses que la succession pourrait devoir acquitter

  • les projets 
    les études des enfants, les frais de garde ou le soutien à une personne à charge font partie de cette catégorie

  • les ressources disponibles 
    l’épargne, les placements et les autres assurances pourraient réduire le montant dont on a besoin. 

On peut donc résumer le calcul ainsi :

Schéma intitulé « Comment établir son besoin d’assurance vie », accompagné du sous-titre « Une règle simplifiée ». Le schéma illustre une formule permettant d’estimer le montant d’assurance vie à envisager.  À gauche, quatre éléments sont combinés dans un encadré. Les trois premiers sont additionnés: le revenu à remplacer, les obligations immédiates et les projets à financer. De ce total, on soustrait ensuite l’épargne et les protections existantes. Le résultat de ce calcul donne, à droite, le « montant d’assurance à envisager ».

Pour un propriétaire d’entreprise, l’analyse peut aussi inclure le remboursement des dettes commerciales, le rachat de ses actions par les partenaires ou les coûts liés au remplacement d’une personne clé.

Temporaire ou permanente?

Différents types d’assurance peuvent être envisagés en fonction des besoins établis. Les deux grandes catégories sont l’assurance vie temporaire et l’assurance vie permanente. 

L’assurance vie temporaire, comme son nom l’indique, est d’une durée déterminée, par exemple 10, 20 ou 30 ans, au terme de laquelle elle pourra être renouvelée (généralement à un coût plus élevé) ou non. Elle répond à un besoin de protection limité dans le temps, comme une hypothèque ou la présence de jeunes enfants, et permet d’obtenir une protection adéquate à un coût initial plus accessible.

L’assurance vie permanente, elle, peut offrir une protection pour toute la vie, pourvu que les conditions du contrat soient respectées. Selon le produit choisi, les primes ou le coût de l’assurance peuvent être garantis ou varier. À protection comparable, son coût initial est généralement plus élevé que celui d’une assurance temporaire. Certains contrats d’assurance vie permanente comportent également une valeur de rachat, garantie ou non, qui peut se constituer progressivement. Cette valeur et les façons de l’utiliser varient selon le produit et les modalités du contrat. (Pour plus de renseignements sur ce sujet, consultez cet article.) Ce type d’assurance peut notamment répondre à des besoins durables de protection ou de planification successorale. À noter qu’il existe aussi des assurances temporaires de 100 ans, qui sont, en pratique, des assurances permanentes sans valeur de rachat.

 

Comme on peut le voir, l’âge ne suffit pas à déterminer le bon moment pour souscrire une assurance vie : tout dépend des responsabilités, des besoins et de l’assurabilité de chaque personne. Il est également utile de réévaluer sa protection à différentes étapes de la vie. Votre conseiller peut vous aider à bien cerner vos besoins et à déterminer les solutions appropriées.

Les sources suivantes ont été utilisées dans la rédaction de cet article.

Autorité des marchés financiers, « Assurance vie ».

Desjardins, « Assurance vie » ; « Assurance vie permanente » ; « Assurance vie temporaire ».

Gérez mieux votre argent, « Qu’est-ce que l’assurance vie et quel est le montant d’assurance vie dont vous avez besoin? » 

Gouvernement du Canada, « Assurance vie ».

RateHub, « How much life insurance do I need in Canada? ».

SFL, « Une assurance vie comme investissement? » ; « Trop jeune pour souscrire une assurance vie? » ; « Tout ce que vous voulez savoir sur l’assurance vie temporaire ».