20 avril 2026
À la hausse ou à la baisse, les indices boursiers scandent le quotidien de l’activité financière. Voici cinq clés essentielles pour bien les interpréter.
Qu’est-ce qu’un indice boursier?
Un indice boursier est un ensemble d’actions conçu pour représenter un marché ou un segment de marché. Sa valeur est mesurée en points et elle est recalculée en continu durant les heures d’ouverture des marchés, en fonction de la variation des actions qui le composent.
Son utilité est de fournir un point de repère pour évaluer le rendement d’ensemble d’un marché, comme la Bourse canadienne, et le comparer avec celui d’un portefeuille donné. Si votre portefeuille est entièrement aligné sur un indice, son rendement devrait généralement s’en rapprocher. À l’inverse, si sa composition est différente, votre rendement pourrait s’en éloigner, de façon positive ou négative.
À noter qu’on ne peut pas investir directement dans un indice, mais on peut acheter certains véhicules de placement, comme des fonds communs de placement indiciels, qui en reproduisent la composition.
Que signifient les « points » dans un indice?
Lorsqu’on dit qu’un indice est à 5 000 points ou à 50 000 points, ce chiffre n’a aucune signification absolue. Il s’agit d’une valeur mathématique calculée à partir d’un point de départ. Par exemple, le S&P 500 valait 10 points lors de sa création en 1957. Au moment où ces lignes sont écrites, il vaut environ 6 300 points. Au final, c’est la traduction des points en pourcentage qui importe. Ainsi, une hausse de 300 points de l’indice canadien S&P/TSX représentait un rendement de 10 % lorsque l’indice valait 3 000 points, dans les années 1980. Maintenant que l’indice s’élève à plus de 30 000 points, cette même hausse de 300 points ne signifie plus que 1 %.
Comment est construit un indice?
La construction d’un indice repose sur deux principaux critères.
La sélection des titres
Ce ne sont pas toutes les entreprises inscrites en Bourse qui font partie de l’indice correspondant. Celles qui peuvent en faire partie sont choisies selon des critères précis : leur capitalisation boursière, la liquidité du titre (c’est-à-dire le fait qu’il peut facilement être acheté ou vendu), le secteur d’activité, la rentabilité minimale, etc. Par exemple, plusieurs milliers de titres sont inscrits sur les marchés boursiers canadiens, mais moins de 250 sont retenues pour faire partie de l’indice S&P/TSX.
La pondération
Comme on le verra plus loin, le poids qu’occupe chaque compagnie dans la valeur de l’indice (ce qu’on appelle sa pondération) est un élément essentiel pour bien interpréter cet indice. La plupart des grands indices sont pondérés selon la capitalisation boursière : plus une entreprise vaut cher en Bourse, plus son poids dans l’indice est important.
Combien y a-t-il d’indices boursiers?
Il existe des milliers d’indices boursiers à travers le monde, calculés par des firmes spécialisées comme S&P Dow Jones, MSCI ou FTSE Russell. Chaque pays développé possède ses propres indices nationaux : au Canada, le plus connu est l’indice composé S&P/TSX ; aux États-Unis, on retrouve notamment le S&P 500, le Dow Jones Industrial Average et le Nasdaq Composite; en France, le CAC 40; au Japon, le Nikkei 225.
À ces grands indices nationaux s’ajoutent des indices sectoriels (technologie, énergie, etc.), régionaux (Europe, Asie-Pacifique, etc.), factoriels (faible volatilité, dividendes élevés, croissance, valeur, etc.), ou thématiques (intelligence artificielle, transition énergétique, etc.). Le marché obligataire a aussi ses propres indices, bien qu’ils ne soient pas des indices boursiers à proprement parler.
Les indices reflètent-ils fidèlement la réalité financière?
Oui et non. Si les indices permettent d’évaluer votre propre portefeuille à partir d’un point de référence, il faut parfois y regarder de plus près. C’est le cas depuis quelques années, alors que la valeur boursière d’un petit nombre de compagnies du secteur de la technologie et de l’intelligence artificielle a tellement augmenté que leur poids dans les indices est devenu disproportionné. Au moment où ces lignes sont écrites, en effet, les titres d’Alphabet (Google), Amazon, Apple, Meta (Facebook), Microsoft, Nvidia et Tesla comptent à eux seuls pour environ le tiers de l’indice S&P 500. Les 493 autres compagnies de l’indice se partagent le reste.
La lecture de l’indice doit donc être prudente, puisque son rendement peut être poussé à la hausse ou à la baisse sans que cela reflète nécessairement la performance de la diversité des titres qui le composent. Par exemple, si votre portefeuille est construit de façon à vous protéger contre une éventuelle correction dans le secteur de la technologie, il est probable que votre rendement sera très différent de celui d’un indice dominé par la technologie : cela sera simplement le reflet d’une stratégie plus défensive.
Les indices boursiers recèlent une foule d’autres renseignements utiles. Pour en apprendre encore davantage, n’hésitez pas à consulter votre conseiller !
Les sources suivantes ont été utilisées dans la rédaction de cet article.
Bloomberg, « Bloomberg Equity Indices ».
Forbes, « S&P 500's Weight In Mag 7 Stocks Passes 30%. Is This A Diversification Risk? ».
Investopedia, « Understanding Stock Market Points: What They Mean for Investors » ; « Understanding the S&P/TSX Composite Index: Definition and Investment Guide » ; « Magnificent 7 Stocks ».
S&P Global, « Data & Index Licensing » ; « What is an Index? ».