how is inflation calculated?

Comment calcule-t-on l’inflation?

On connaît les possibles effets de l’inflation sur notre pouvoir d’achat. Mais, au juste, comment est-elle mesurée?

20 avril 2026

Le taux d’inflation est l’un des indicateurs les plus importants pour les économistes… mais aussi pour les citoyens. Par exemple, si vous entendez que le taux d’inflation s’est établi à 3 % l’année dernière, vous en conclurez probablement que les dépenses de votre ménage ont augmenté dans la même proportion.  

En fait, la réalité est plus complexe.

L’inflation en bref 

Rappelons d’abord que l’inflation désigne l’augmentation, dans le temps, du prix des biens et services. Une telle augmentation est un phénomène économique naturel causé par différents facteurs, notamment la loi de l’offre et de la demande et l’augmentation des coûts de production. 

Pour la mesurer, on utilise « l’indice des prix à la consommation », ou IPC. Celui-ci établit le coût, pour les ménages canadiens, d’un panier de biens et de services représentatif de leurs habitudes de consommation. Plus le coût du panier augmente, plus l’inflation est élevée. À titre d’exemple, si le panier passe de 100 $ à 105 $ en un an, le taux annuel d’inflation sera de 5 %. À l’inverse, si le coût du panier augmente peu, l’inflation sera faible. Pour mettre les choses en perspective, sur une très longue période, soit de 1915 à 2026, le taux annuel d’inflation moyen s’est élevé à 3,13 % au Canada. 

Un indice aligné sur les pratiques des consommateurs 

Établi par Statistique Canada, l’IPC tient compte de l’importance relative des différents postes de dépenses dans le budget des ménages. Ainsi, le logement et l’épicerie y pèsent plus lourd que les vêtements et les soins de santé, parce que les ménages y consacrent une part beaucoup plus importante de leurs dépenses. Cette pondération permet d’aligner la mesure de l’inflation le plus possible sur la réalité des ménages. 

Diagramme en forme de mosaïque  illustrant la pondération des postes de dépenses dans le panier de l’indice des prix à la consommation (IPC) au Canada en 2024, selon Statistique Canada.  Chaque rectangle représente une catégorie de dépenses, dont la taille est proportionnelle à son poids dans le panier total.  La catégorie la plus importante est le logement, qui représente 29,1 % du panier.  Viennent ensuite :  les transports : 17,3 %  les aliments : 16,7 %  les dépenses courantes, ameublement et équipement du ménage : 13,3 %  les loisirs, formation et lecture : 10,2 %  Les autres catégories, plus petites, sont :  les soins de santé et soins personnels : 5,1 %  les vêtements et chaussures : 4,4 %  les boissons alcoolisées, produits du tabac et cannabis récréatif : 3,9 %  L’ensemble montre que les dépenses liées au logement, au transport et à l’alimentation occupent la plus grande part du budget des ménages et influencent donc davantage l’inflation mesurée par l’IPC.
Chacun son inflation 

Il y a cependant des nuances importantes. La mesure de l’inflation, en effet, est une estimation moyenne basée sur les données recueillies par Statistique Canada. Selon votre propre situation et votre profil de consommation, il est possible qu’elle ne reflète pas fidèlement votre réalité. 

Par exemple, comme on peut le voir dans le graphique suivant, le taux d’inflation a enregistré une hausse brutale, en 2022, notamment en raison de la guerre en Ukraine et des perturbations sur les marchés de l’énergie. Au cours de cette période, les automobilistes ont probablement vu leurs dépenses augmenter davantage que les usagers du transport en commun.

Graphique présentant l’évolution de l’inflation au Canada, mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC), de 1996 à 2025, selon la Banque du Canada.  L’axe horizontal montre les années, de 1996 à 2025, et l’axe vertical indique le taux d’inflation en pourcentage, allant d’environ -2 % à 10 %.  Une ligne brune représente l’inflation observée au fil du temps. Une bande grise horizontale indique la fourchette cible de la Banque du Canada, située entre 1 % et 3 %.  Pendant la majeure partie de la période, l’inflation évolue à l’intérieur ou près de la fourchette cible de 1 % à 3 %.  Au début des années 2000, certaines hausses temporaires dépassent les 4 %.  En 2009, l’inflation devient brièvement négative, reflétant un épisode de déflation.  Entre 2010 et 2019, l’inflation est relativement stable, oscillant autour de 2 %.  En 2020, une baisse marquée est observée, suivie d’une forte hausse.  En 2022, l’inflation atteint un sommet d’environ 8 %, nettement au-dessus de la cible.  Par la suite, elle diminue progressivement pour revenir autour de 2 % à 3 % en 2024 et 2025.  Le graphique montre que, bien que l’inflation soit généralement maîtrisée à long terme, elle peut connaître des fluctuations importantes à court terme, notamment lors de chocs économiques majeurs.

Si vous souhaitez avoir une idée plus précise de votre propre taux d’inflation, sachez que Statistique Canada offre un calculateur de taux d’inflation personnel conçu à cette fin.  

Pourquoi c’est important 

La mesure de l’inflation est importante à plusieurs égards. 

En premier lieu, plusieurs programmes de prestations gouvernementales, régimes de retraite, conventions collectives ou baux commerciaux sont indexés en fonction du taux d’inflation.  

De même, comme épargnant, vous pouvez vous y référer, avec votre conseiller, pour mieux préciser votre stratégie de placement. Imaginons que vous investissez avec discipline pendant 25 ans et que votre rendement annuel est de 4 %, mais que l’inflation est de 5 % : en réalité, vous vous serez appauvri. Il peut donc être important de viser un rendement qui tienne compte de l’inflation, sans pour autant comporter un niveau de risque inapproprié. 

Enfin, l’inflation a une incidence sur le coût de vos emprunts. En effet, la Banque du Canada utilise ses taux d’intérêt pour stimuler ou ralentir la consommation afin de maintenir l’inflation à l’intérieur d’une fourchette qui oscille autour de 2 % par année, une cible qu’elle estime optimale pour la santé de l’économie. À travers cette politique monétaire, l’inflation se reflète donc aussi dans vos emprunts.  

Faits intéressants à savoir 

La mesure de l’inflation comporte certaines caractéristiques intéressantes. 

Ainsi, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le prix des propriétés n’est pas pris en compte, parce que Statistique Canada considère celles-ci comme un investissement. Ce sont plutôt le coût du loyer, les intérêts hypothécaires, les taxes municipales, l’entretien et les réparations qui sont inclus dans le poste « logement ».  

Autre particularité, la composition de l’indice évolue constamment. Par exemple, certains produits qui n’existaient pas il y a 25 ans sont désormais pris en compte : pensons aux téléphones intelligents ou aux abonnements numériques. 

L’IPC incorpore aussi un volet qualitatif. Prenons le cas d’un ordinateur qui coûterait plus cher, mais en raison surtout d’une amélioration de ses performances (mémoire, stockage, microprocesseur, etc.) : Statistique Canada attribuera une partie de la hausse à l’amélioration, et non à l’inflation. 

Enfin, soulignons que, lorsque la Banque du Canada parle d’inflation, elle s’intéresse souvent à l’inflation « sous-jacente », ou « de base », une mesure qui exclut certains prix volatils comme l’alimentation et l’énergie, de façon à mieux cerner la tendance fondamentale. 

À ne pas négliger 

Comme on peut le voir, comprendre l’inflation, c’est mieux saisir l’évolution réelle de votre pouvoir d’achat — et les décisions financières qui en découlent. Pour vous éclairer à ce sujet, parlez-en à votre conseiller.