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Avril, mois de l’impôt - SFL - DSFRI

Avril, mois de l’impôt

Quelques éléments à garder en tête au moment de préparer nos déclarations de revenus de 2020.

08 avril 2021

L’année 2020 fut exceptionnelle à bien des égards, et la situation financière de plusieurs contribuables a été touchée de manière inédite. Le temps est maintenant venu de voir de quelle façon ces événements se refléteront sur nos déclarations de revenus, qui doivent être produites d’ici le 30 avril.

Voici 6 éléments à garder en tête. À noter qu’il s’agit de repères à haut niveau, les modalités d’application pouvant varier selon la province de résidence.
 

1. Quel outil utiliser?

D’abord un bref rappel technique. Les autorités fiscales encouragent depuis des années la production électronique des déclarations de revenus, ce qui est facilité par l’utilisation de plusieurs logiciels disponibles dans le commerce. Ce site recense les logiciels – payants ou gratuits – qui sont homologués par l’Agence du revenu du Canada et fournit des renseignements sur les fonctionnalités et les limites de chacun.
 

2. Mise en contexte utile

Autre rappel pratique pour anticiper une possible facture d’impôt dans les prochains mois : contrairement à ce qu’on pense parfois, personne ne paie 50 % d’impôt personnel sur tous ses revenus au Canada. C’est qu’on confond souvent le taux marginal d’imposition, qui s’applique à la tranche de revenu la plus élevée du contribuable, et le taux moyen, qui est le résultat des taux d’imposition s’appliquant à ses différentes tranches d’imposition. Ce tableau donne une idée de l’impôt qu’un contribuable devrait s’attendre à payer sur ses revenus imposables, selon la province de résidence. On utilise ici un revenu imposable de 100 000 $ à titre d’exemple.

Tableau récapitulant les taux d’imposition en vigueur dans les provinces et territoires canadiens pour un revenu imposable, à titre d’exemple, de 100 000 $. Le tableau permet notamment de voir que le taux d’imposition moyen le plus bas, incluant les deux paliers de gouvernement, est au Nunavut, où il s’établit à 22,12 %. Le plus haut est au Québec, où il est de 29,25 %. Cela signifie qu’un contribuable du Québec ayant un revenu imposable de 100 000 $ se retrouve avec un revenu après impôt de 70 754 $, alors que le résident du Nunavut se retrouvera avec 78 884 $.

3. L’année du télétravail

Des millions de travailleurs canadiens se sont repliés à la maison pour effectuer leur travail en 2020, ce qui, dans certains cas, a nécessité des dépenses imprévues. Cette situation se prête à plusieurs scénarios du point de vue de l’impôt. De façon simplifiée, si ces dépenses ne lui ont pas été remboursées par l’employeur, une personne sera admissible à les déduire si elle a travaillé de la maison pour au moins 50 % de son temps pendant un minimum de quatre semaines. Deux options s’offriront alors à elle : la méthode « à taux fixe temporaire » qui est plus simple et pourrait permettre de déduire jusqu’à 400 $ sans besoin de pièces justificatives ; ou la méthode détaillée, qui permet d’établir la liste précise de ses dépenses admissibles mais est plus fastidieuse ; elle requiert aussi des pièces justificatives et une Déclaration des conditions de travail par l’employeur. Des calculateurs en ligne sont disponibles pour déterminer laquelle des deux options est la plus avantageuse.
 

4. Subventions : quand revient le boomerang

De très nombreux particuliers ont aussi reçu une aide financière du gouvernement fédéral au cours de l’année 2020. Pour la seule Prestation canadienne d’urgence (PCU), le gouvernement estime à plus de 74 milliards le montant total versé. Comme on le sait, aucune déduction à la source n’a été appliquée sur ces versements et plusieurs contribuables pourraient maintenant se retrouver avec un impôt à payer. Le 9 février dernier, la ministre du Revenu national a annoncé que les contribuables dont le revenu imposable n’a pas excédé 75 000 $ en 2020 n’auront pas d’intérêts à payer sur les sommes dues avant le 30 avril 2022. Par ailleurs, qui dit nouveau programme dit nouveaux formulaires fiscaux. Ceux relatifs à la PCU et à l’assurance-emploi sont détaillés ici.
 

5. L’importance de réclamer tous ses crédits d’impôt

L’un des mécanismes fiscaux les plus courants offerts par les gouvernements est celui des crédits d’impôt. Il en existe deux types : les crédits remboursables et les crédits non remboursables. Les premiers sont versés au contribuable sans égard à l’impôt qu’il aurait à payer. Les seconds, eux, viennent réduire l’impôt à payer pour l’année où ils sont réclamés, ce qui signifie qu’ils pourraient être perdus si l’impôt à réduire était insuffisant. Ils pourraient cependant, dans certains cas, être transférés au conjoint ou encore reportés à une autre année. Cela dit, il existe des dizaines de programmes de crédits d’impôt et il pourrait être important d’en prendre connaissance. Ce site détaille ceux offerts par le gouvernement fédéral. Il existe généralement un site équivalent pour chaque province.
 

6. Un bon moment pour faire le point

Comme un certain nombre de personnes, peut-être trouvez-vous les premiers mois de l’année particulièrement exigeants pour ce qui est de vos liquidités. Après la cotisation REER, les acomptes provisionnels du 15 mars (pour les contribuables concernés), les comptes de taxes foncières qui arrivent aussi souvent à ce moment de l’année, il vous reste peut-être un impôt à payer pour l’année précédente. Si vous n’avez pas eu l’occasion de le faire, ce serait peut-être un bon moment pour discuter avec votre représentant en épargne collective ou votre conseiller en sécurité financière. La mise en place d’un plan d’épargne périodique pourrait notamment permettre de répartir le poids des cotisations REER sur l’ensemble de l’année. Un tel plan pourrait aussi vous assurer que les sommes sont investies sans délai, tout en étalant sur l’ensemble de l’année votre exposition aux différentes phases de marché. Si vous disposez déjà d’un tel plan, peut-être voudrez-vous voir si vos versements périodiques ne pourraient pas être maximisés.

Comme on peut le voir, avril n’a pas nécessairement à être le mois le plus cruel, pour reprendre les mots du poète T.S. Eliot. Il peut être aussi un moment d’opportunités et de décisions stratégiques importantes.